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Faut-il un drame pour que les choses changent ?

Unité Magistrats 25 novembre 2021

Faut-il un drame pour que les choses changent ? - Syndicat Unité Magistrats

La tragique disparition de notre jeune collègue, Charlotte, n’aurait affecté en rien l’indifférence structurelle du Ministère de la justice aux risques psychosociaux sans le retentissement médiatique donné à l’appel signé par plus de 3000 magistrats et fonctionnaires dénonçant la tyrannie du chiffre qui conduit à la maltraitance ordinaire.


Une fois encore, c’est bien la communication qui dicte sa politique à notre administration. Affecter de découvrir aujourd’hui l’ampleur et la gravité des RPS relève soit de la mauvaise foi soit d’une totale déconnexion avec la réalité du terrain.


Lors du CTSJ qui s’est tenu le 25 novembre 2021, UNITÉ MAGISTRATS a rappelé avoir tenu en 2018 à la Cour d’Appel de Paris, en présence de la précédente Garde des Sceaux, un colloque spécialement consacré aux RPS. Le Directeur des Services Judiciaires a reconnu ce matin que les organisations syndicales l’avaient alerté sur ce qu’il appelle le « malaise » de la magistrature. Ce seul terme démontre que la Chancellerie n’a toujours pas pris l’exacte mesure du problème. Il ne s’agit pas de remédier à un ressenti mais de mettre un terme à des dysfonctionnements structurels dont les conséquences peuvent aboutir à une tragédie.


Pour autant, nous prenons acte de l’engagement solennel pris ce jour par le DSJ, au nom de l’administration. Selon ses propres termes, ce drame humain « oblige » la Chancellerie. Nous voulons croire que cette forte parole sera suivie d’effet. Et disons-le par avance, UNITÉ MAGISTRATS ne se satisfera pas de la constitution d’un énième Groupe de travail ou d’un quelconque comité théodule réunissant de prétendus « experts » soigneusement choisis par le pouvoir en place.


UNITÉ MAGISTRATS considère que c’est la gouvernance du Ministère et des juridictions qui doit être remise à plat ainsi que toute la gestion des ressources humaines. L’obsession statistique déconnectée des moyens réels doit cesser de servir de boussole. Il n’est plus davantage acceptable que l’incompétence à gérer, à quelque niveau que ce soit, puisse se perpétuer du seul fait de l’existence d’un lien hiérarchique. Contrairement à ce que certains affectent de croire, la démocratie interne est le moteur et le moyen de l’efficacité au travail.


Le DSJ a informé ce matin les organisations syndicales qu’elles seraient reçues par le Ministre et par lui-même. UNITÉ MAGISTRATS prend très au sérieux ces entrevues et veut croire qu’il ne s’agira pas de vagues réunions où seront tenus des discours lénifiants.

Nous réclamons l’ouverture de véritables négociations sur nos conditions de travail au vu des propositions que nous avons déjà formulées et notamment la création d’un médiateur doté d’un pouvoir d’injonction. Le temps des tergiversations est révolu.

Nous attendons des actes.