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Crise sanitaire au Ministère de la Justice : La stratégie de l’attentisme

Unité Magistrats 7 janvier 2022

Crise sanitaire au Ministère de la Justice : La stratégie de l’attentisme             - Syndicat Unité Magistrats

                                                                                                   

Depuis le début de la crise sanitaire, le Ministère de la Justice ne cesse de briller par son manque d’anticipation. La réunion d’information organisée le 4 janvier 2022 par le Secrétariat Général en présence des organisations syndicales, a permis une fois de plus d’illustrer l’inaction de notre Ministre.

Face au variant OMICRON et sa forte contagiosité, le Ministère continue à appliquer les vieilles recettes qui n’ont pas fonctionné avec les autres variants.

Malgré la pandémie, la tribune des trois mille et le mouvement du 15 décembre 2021, le Garde des sceaux continue à faire comme si de rien n’était, voulant à tout prix maintenir le niveau d’activité.

En dépit de nos revendications, les Plans de Continuation d’Activité ne seront pas remis en place. La Secrétaire Générale du Ministère a cherché à nous rassurer en nous expliquant que des réductions d’activité pourront intervenir au niveau local en fonction de la propagation du virus. Nous refusons cette logique qui consiste à nous considérer comme des cobayes. Nous refusons ce cynisme de la Chancellerie qui préfère attendre la contamination des magistrats et greffiers pour réduire l’activité. Nous réclamons une nouvelle fois la mise en place sans délai des PCA dans toutes nos juridictions. Au lieu de mettre en place un schéma organisationnel national de gestion de la crise sanitaire en juridiction, la Chancellerie fait le pari que l’ensemble des cours et tribunaux ne seront pas affectés simultanément mais successivement par la propagation du virus…               

Sans aucun esprit d’initiative, notre Ministère transpose les directives de la DGAFP, sans se doter des moyens pour les appliquer. Ainsi, nous apprenons que depuis le 3 janvier 2022 et durant trois semaines, le télétravail est obligatoire au sein de notre Ministère à hauteur de trois jours par semaine, si les fonctions le permettent et sous la réserve des nécessités habituelles de service.

Nous considérons comme une avancée ce premier alignement du « travail à distance » des magistrats (Sic) sur le télétravail des fonctionnaires. UNITÉ MAGISTRATS réclame depuis plus de 3 ans, la rédaction d’un texte spécifique adapté à la nécessaire indépendance de l’exercice professionnel des magistrats en « travail à distance ». De plus, les magistrats doivent se voir reconnaitre les mêmes garanties de déconnexion et de sécurité accordées aux fonctionnaires, ce qui n’est pas le cas en l’état. Mieux encore, l’obstination de la Chancellerie à ne pas écouter notre légitime revendication aboutit à priver les magistrats en juridiction de l’allocation forfaitaire de télétravail, soit 2,5 euros par jour. Ils ne bénéficient d’aucune indemnisation compensatrice pour frais supplémentaires en travail à distance (électricité, chauffage, etc.).

Se montrant soucieux de notre santé, le Ministère insiste sur la nécessité du port obligatoire du masque dans les lieux clos et partagés, rappelant que ceux-ci doivent être changés toutes les quatre heures. Sa compassion a cependant des limites puisque notre demande d’équiper les agents qui le souhaitent de masques FFP2 n’a pas été accueillie favorablement.                    

Face à l’inaction de notre Ministère et à l’instar de FO JUSTICE, notre organisation syndicale a décidé de se retirer de la réunion d’information du 4 janvier 2022 après avoir exposé ses revendications.

Monsieur le Garde des sceaux, notre santé vaut plus que vos statistiques et aujourd’hui il est urgent d’agir.

Qu’attendez-vous Monsieur le Garde des Sceaux pour vous soucier des agents de votre Ministère ?  Qu’attendez-vous pour permettre aux juridictions de fonctionner dans de bonnes conditions ? Qu’attendez-vous pour éviter le développement des clusters ?

Nous ne pouvons plus attendre. Si l’espoir fait vivre, l’attente peut faire mourir.