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Retraites des magistrats : Le droit de subir ?

Unité Magistrats 15 janvier 2020

Retraites des magistrats : Le droit de subir ? - Syndicat Unité Magistrats

Au moment où le Premier Ministre fait savoir publiquement que des négociations doivent, dans un délai contraint, être engagées avec les organisations syndicales représentatives sur la question du financement des retraites et des moyens à mettre en œuvre pour parvenir à l’équilibre, Mme la Ministre de la Justice ne propose aux syndicats de magistrats et de fonctionnaires aucun calendrier de rencontres.

A l’inverse, l’impact médiatique des actions menées, ces derniers jours, par le Barreau dont nous comprenons les inquiétudes -légitimes à bien des égards- a motivé que leurs demandes soient prioritairement écoutées, sinon entendues… par Mme la Ministre dès ce lundi matin.

Les magistrats pouvaient-ils espérer un même empressement ? Tenus au devoir de réserve et interdits de droit de grève, les moyens d’expression de leurs inquiétudes n’ont pas été considérés comme dignes d’intérêt puisque peu susceptibles d’altérer les éléments de langage d’un Ministère uniquement préoccupé de communication.

Devrons-nous, pour être simplement entendus, jeter nos robes dans les salles des pas perdus ou les accrocher aux grilles des Palais de Justice à l’occasion des audiences solennelles ?

Allons-nous, cette fois, renvoyer sine die les centaines de dossiers qui ne peuvent être retenus du fait du mouvement social des Barreaux et que, jusqu’à présent, dans la plus totale indifférence de la Chancellerie, nous avons ajouté aux rôles d’audiences déjà surchargés ?

Il est vrai que dans un Ministère où le dialogue social se réduit à de pseudo réunions dites de « concertation », l’idée même de véritables négociations bilatérales ou multilatérales à l’occasion desquelles chaque partie ferait, sur un pied d’égalité, des propositions constructives et prendrait des engagements dans l’intérêt bien compris de l’ensemble du corps, peut sembler relever de l’utopie.

UNITÉ MAGISTRATS relève pourtant le défi et veut croire que les directives du Premier Ministre sur les discussions à mener avec les syndicats sur les retraites, ne seront ni contournées ni éludées au Ministère de la Justice.

Notre appel, lancé par voie de communiqué la semaine dernière, à l’ouverture de négociations bilatérales sur la question de la pénibilité, demeure d’actualité.

Lors de l'entrevue que nous nous manquerons pas d'avoir avec Mme la Ministre, nous lui exposerons dans le cadre d’échanges où nous seront enfin données les projections chiffrées de l’incidence de la réforme en cours sur la future retraite des magistrats, nos attentes et nos propositions.