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Gestion de la crise sanitaire au Ministère de la Justice

Unité Magistrats 15 avril 2021

Gestion de la crise sanitaire au Ministère de la Justice - Syndicat Unité Magistrats

 ....HISTOIRES SANS PAROLES *

En déplacement à RENNES le 9 avril 2021, le Garde des Sceaux s’est félicité de la gestion de la crise sanitaire dans la Justice, qu’il a qualifiée de "denrée essentielle". Non, Monsieur le Garde des Sceaux ! Si la Justice est essentielle, ce n’est pas une marchandise et elle n’est pas à vendre. Son utilité et son efficacité ne se mesurent pas par un bilan statistique ou comptable. Malgré des moyens restreints, la Justice fonctionne uniquement grâce au dévouement des magistrats et fonctionnaires qui sont en première ligne depuis le 17 mars 2020, date du premier confinement. Quant aux autocongratulations du Garde des Sceaux, elles sont particulièrement déplacées au regard de ses directives ayant essentiellement consisté à maintenir l'activité judiciaire "coûte que coûte" comme si la crise du COVID n'existait pas.

Ce n'est pourtant pas faute de l'avoir alerté sur la gravité de la situation dès sa prise de fonction en juillet 2020.

Ainsi, UNITÉ MAGISTRATS a réclamé :

Sur le plan sanitaire :

- des tests Covid pour les personnels judiciaires

- un plan de vaccination prioritaire pour les agents du Ministère de la Justice

Sur le plan fonctionnel :

UNITÉ MAGISTRATS ne veut pas d'une réédition des PCA dont le niveau d'efficacité n'a pas dépassé en 2020, 20 % en moyenne de l'activité des juridictions. Nous continuons à réclamer l'instauration d'un Plan de Réduction d'Activité (PRA) établi sur la base des services de vacation, qui permettrait aux juridictions de fonctionner a minima à hauteur de la moitié de leur activité avec un roulement des effectifs en présentiel. Pour y parvenir, il est nécessaire que la Chancellerie accepte enfin de mettre en œuvre un schéma organisationnel national de réduction d'activité. UNITÉ MAGISTRATS continue à dénoncer le bricolage sanitaire de la DSJ consistant à laisser aux chefs de cour et de juridiction l'initiative et la responsabilité de mesures locales qui ne seront adossées à aucun moyen adéquat et qui reposeront exclusivement sur la surmobilisation des effectifs présents. 

Les assertions du Garde des Sceaux, le 9 avril, relatives au nombre d'agents en télétravail, soit "plus de 37%", de l'effectif total de notre Ministère, sont invérifiables et à les supposer réelles, ce chiffre reste largement en dessous de ceux des autres Ministères de la Fonction publique  d'État  qui s'élevaient au 2 avril dernier, selon la Ministre de la Transformation et de la Fonction publiques à 57% des agents.

Or, cette forme d'activité est particulièrement adaptée à la crise sanitaire car elle permet de concilier vie professionnelle et vie familiale. Cette priorité ne semble pas avoir effleuré notre Ministre qui, au-delà des déclarations de principe, s'est désintéressé du sort des magistrats dont les enfants ne sont pas accueillis prioritairement dans les crèches et les établissements scolaires à la différence de ceux des forces de l'ordre, des surveillants de l'administration pénitentiaire et des éducateurs de la PJJ.

C'est ici, le triomphe de la gestion locale puisqu'il revient aux chefs de juridiction et aux chefs de cour la lourde tâche de quémander, pour les enfants de magistrats auprès des préfets et des recteurs, les places disponibles réduites à la portion congrue.

Depuis la visioconférence avec le Garde des sceaux du 13 novembre 2020 se sont succédé jusqu'à ce jour, 4 réunions sur une prétendue gestion de la crise sanitaire qui se limitent en réalité à entériner l'obsession ministérielle de l'ouverture des juridictions et des résultats statistiques.

 

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